Histoire
Les épices à travers les âges
Permettez-moi de vous parler des épices à une époque où elles n'étaient pas encore disponibles dans chaque magasin:
Le terme français d'épices nous vient du latin specis qui se transforma en Spezerei chez les Allemands. Les archéologues supposent qu'à l'âge de la pierre, voici 50'000 ans, les hommes assaisonnaient le gibier cru avec des feuilles et des fruits aromatiques. Des preuves ne furent recueillies que beaucoup plus tard. Des vestiges mis à jour dans des grottes en Extrême-Orient et datant d'environ 5'000 ans avant notre ère ont permis de constater que les Chinois connaissaient le cumin et le pavot depuis les temps les plus reculés.
L'emploi des épices ne se limitait pas à la cuisine. A l'époque, les gens croyaient à la vertu curative des plantes parfumées et pensaient qu'elles exerçaient une influence positive sur les divinités. On utilisait par exemple du cumin pour embaumer les momies.
La naissances du commerce avec les épices
Durant les siècles qui précédèrent l'époque des grandes découvertes, des marchands arabes détenaient le commerce des épices entre l'Orient et l'Occident. Pays transitaire, l'Egypte jouit d'une économie alors florissante. De longues caravanes d'ânes et de chameaux transportaient les précieuses épices sur plus de 3'000 kilomètres, expéditions aventureuses et souvent périlleuses. Ces caravanes furent souvent pillées et attaquées par les bandits de grand chemin. La route empruntée par les caravanes perdit de son importance lorsqu'un marin arabe (connu plus tard sous le nom de Sindbad) découvrit le secret de la mousson. La mousson est un vent tropical régulier qui souffle pendant six mois dans une direction bien déterminée. D'avril à octobre, les bateaux profitaient de la mousson du sud-ouest et quittaient le Golfe d'Aden, longeaient la côte de Malabar pour atteindre les Indes. D'octobre à avril, chassés par la mousson du nord-est, ces mêmes bateaux rentraient en Arabie. Le temps mis pour le voyage diminuait de moitié et ne durait plus que 6 mois. Les épices valaient leur pesant d'or. Il fut un temps où un seul sac de poivre avait la valeur d'une vie humaine. On n'hésitait pas à brûler des tonnes de clous de girofle et de mascade pour maintenir les prix élevés. La valeur des épices rivalisait avec celle des pierres précieuses et des perles.
Le nombre de villes et de commerçants attirés par le succès des épices ne cessait de croître. Au 1er siècle après J.C., d'autres peuples navigateurs participèrent au commerce des épices. Ce fut le début d'une lutte concurrentielle sans merci. Les Romains en sortirent vainqueurs. Leurs flottes envahirent les Indes et l'Afrique, assurant à Rome la mainmise sur le commerce des épices dans les régions méditerranéennes. En Alexandrie, dès 176 après J.C., les Romains perçurent un droit de péage redevable en poivre sur les marchandieses exotiques. A Rome, l'usage du poivre pris des dimensions sans précédent. Les grains de poivre furent utilisés en tant que valeur monétaire dont on se servait pour payer les impôts ou pour acheter des terres.
L'âge des voyages de découverte
La situation se modifia au 12ème siècle, durant les Croisades. Nul ne voulait renoncer aux saveurs qui nous venaient d'Orient. Le standard de vie européen atteignit un niveau très élevé, entraînant de nouvelles exigences. Les ports italiens de Venise et de Gênes devinrent les fournisseurs les plus importants en poivre, clous de girofle, noix de muscade, cardamome et autres épices. Les Vénitiens s'assurèrent le monopole du commerce des épices. Le prix des épices monta au zénith. Une livre (500g) de noix de muscade équivalait à sept boeufs. Les circonstances changèrent en 1471 lorsque les navigateurs portugais s'immiscèrent dans le commerce fructueux des épices. Pour la première fois, des bateaux franchirent l'équateur bien qu'à l'époque, les géographes prétendaient que la zone entourant l'équateur était une région torride et inhabitable. Cette affirmation s'avéra erronée et les navigateurs s'enhardirent pour partir à la conquête de nouveaux horizons.
Les navigateurs portugais et espagnols cherchèrent de nouvelles routes le long des côtes africaines, en direction de l'océan Indien. A la fin du 15ème siècle, après un voyage périlleux, le Portugais Vasco da Gama franchit le Cap de Bonne Espérance et atteignit Kalikut (Calcutta). Il prouva ainsi que les îles des épices (Les Molugues) pouvaient être rejointes par la voie des mers. Il resta plusieurs mois sur ces îles afin de s'approvisionner en épices et en perles précieuses et ramena sa cargaison au Portugal. A la même époque, Christophe Colomb se heurta aux îles Caraïbes en voulant se rendre aux Indes. C'est lui qui introduisit le poivre de Chili et le piment en Europe. Venise perdit sa suprématie au profit du Portugal. Cette situation dura jusqu'à la deuxième moitié du 16ème siècle, période durant laquelle les Anglais, puis les Hollandais tentèrent de briser la domination portugaise. Les Portugais se montrèrent de mauvais colonisateurs, assujettissant et pillant les îles sans pitié. Ils limitèrent la production d'épices et en brûlèrent les excédents afin de maintenir les prix plafond. Les Portugais furent chassés de Ceylan. Durant env. 100 ans, les Hollandais furent les maîtres incontestés des Indes orientales jusqu'à ce qu'un botaniste français, Pierre Poivre, eut l'idée d'importer clandestinement des graines et des plants de girofliers et de muscadiers qu'il planta dans les colonies françaises de l'océan Indien. La lutte pour le pouvoir des épices continua jusqu'au 19ème siècle. Echappant à un contrôle sévère, de plus en plus d'épices furent cultivées sur d'autres territoires tropicaux et le monopole des épices appartint au passé.
Le commerce avec les épices aujourd'hui
Des entreprises internationales ont remplacé les dictateurs féodaux. Le transport des épices est assuré par des cargos modernes et des chemins de fer. Aujourd'hui, la culture des épices n'est plus réservée aux pays d'origine. On essaye de les cultiver dans d'autres régions au climat favorable.
McCormick met tout en oeuvre pour que ses épices soient produites dans les meilleures conditions climatiques, garantissant ainsi des produits de haute qualité.
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